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À l’hôpital, l’oxygène est un médicament, pas un fluide technique

À l’hôpital, l’oxygène est un médicament, pas un fluide technique

2026-07-04 · Équipe technique Medpipe

En bref. L’oxygène médical est un médicament enregistré — il a un nom, une composition, des indications et une date de péremption ; la canalisation n’est que la voie d’administration. La qualité du gaz au chevet du patient relève de la pharmacie hospitalière et de la personne responsable de la qualité, non du service technique. L’installation reste un dispositif médical au sens du règlement MDR (UE) 2017/745, et les exigences techniques sont fixées par la norme PN-EN ISO 7396-1:2016-07.

L’oxygène comprimé administré au patient est un médicament enregistré, et non un fluide technique comme l’eau glacée ou l’air comprimé d’atelier. Cette seule différence déplace la responsabilité de l’atelier vers la pharmacie hospitalière.

À l’hôpital, l’oxygène circule simplement dans un tuyau. C’est tout ce que l’on voit. Le reste — enregistrement, numéro de lot, date de péremption, autorisation d’utilisation — est invisible et c’est précisément pour cela qu’il est souvent oublié dans la répartition des responsabilités.

Pourquoi l’oxygène médical est-il un médicament et non un fluide technique ?

L’oxygène médical est un médicament enregistré : il a un nom, une composition, des indications, une posologie et une date de péremption, exactement comme un comprimé. La canalisation n’est que la voie d’administration.

La conséquence est gênante pour la répartition habituelle des rôles. Puisque le gaz médical est un médicament, l’hôpital n’« exploite pas une installation », il stocke et délivre un médicament. Or un médicament ne se surveille pas selon la logique de la maintenance.

Que le service technique ne peut-il pas prendre en charge ?

Le service technique répond de l’installation — bon fonctionnement, pression, étanchéité, continuité d’alimentation — mais pas du statut de médicament. La frontière passe là où commence la distribution du médicament.

Restent en dehors de la compétence technique, entre autres :

  • surveillance pharmaceutique de la réception, du stockage et de la délivrance du gaz ;
  • qualification des fournisseurs et vérification de la documentation qualité du lot ;
  • la décision d’autoriser le gaz pour une utilisation sur le patient ;
  • traitement des réclamations, de la suspension et du retrait d’un lot ;
  • considérer la bouteille comme un conditionnement de médicament et non comme un simple récipient sous pression.

En quoi consiste le rôle de la pharmacie hospitalière et de la personne responsable de la qualité ?

Le rôle de la pharmacie hospitalière tient à ce que c’est elle — et non l’atelier — qui tient le registre, supervise la distribution et répond du fait que le patient reçoit un produit de qualité confirmée. La personne responsable de la qualité est le dernier maillon décisionnel : elle signe une libération, pas un avis.

Un cas particulier est qualité de l’air médical produit sur place, dans la centrale de compression de l’hôpital. L’hôpital cesse alors d’être un simple destinataire et devient la partie responsable du produit fabriqué. La délimitation de ces rôles est décrite dans le guide « Les gaz médicaux en pratique. Cahier 1 » (GMWP) élaboré par INMED S.A.

Quand le gaz peut-il être autorisé pour une utilisation sur le patient ?

Seulement lorsque le résultat de l’analyse confirme la conformité aux exigences de qualité et qu’une personne habilitée délivre une libération écrite. La réception technique et l’essai d’étanchéité sont une condition nécessaire, jamais suffisante.

C’est là que la lacune apparaît le plus souvent. Contrôle qualité du gaz (QC) est parfois traitée comme une formalité clôturant le chantier, et non comme la porte par laquelle le médicament parvient au patient — et par laquelle passe à chaque fois, y compris après chaque intervention sur l’installation. Le guide GMWP montre comment inscrire ce point de passage dans les procédures de l’hôpital.

Questions fréquemment posées

L’air médical produit par un compresseur est-il aussi un médicament ?

Oui — c’est la destination qui décide, non le mode de production. L’air administré au patient est soumis aux exigences de qualité, qu’il soit arrivé en bouteille ou qu’il ait été produit dans la salle des compresseurs au sous-sol.

Une bouteille est-elle un emballage ou un équipement sous pression ?

Les deux, mais l’ordre compte. En tant que conditionnement du médicament, la bouteille porte l’identification du lot et la date de péremption ; sa dimension d’équipement sous pression concerne la sécurité d’utilisation, et non le statut du produit.

Qui signe l’autorisation d’utilisation du gaz ?

Une personne désignée dans l’hôpital comme responsable de la qualité, agissant en accord avec la pharmacie. Ce n’est pas un rôle technique et il ne peut pas être transféré à l’entreprise d’installation.

La répartition complète des responsabilités, les exigences documentaires et les modèles pratiques de procédure figurent dans le guide — commander le guide GMWP.

Rédaction : équipe technique composée de Małgorzata Dopierała, Damian Czyczyro et Przemysław Kostera — Medpipe Sp. z o.o., conception, audits et inspections des installations de gaz médicaux. Article rédigé d’après le guide „Gazy medyczne w praktyce. Zeszyt 1” (GMWP), INMED S.A.